Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /Jan /2006 23:23

Je relis l'article d'hier et je me rends compte qu'une fois de plus, j'ai retourné l'épée contre moi, je me suis auto flagellée, "faites moi mal, oui faites moi mal encore".

Ah oui, mais ce soir il se trouve que je rentre de l'escrime et que, non, l'épée, je ne vais pas la retourner contre moi. Je tranche dans le vif.

Mes histoires ennuient mes "amis" ? Dis donc, toi, t'es qui pour me dire "qu'avec moi, seule la manière forte fonctionne" ? Oui, t'es qui exactement ? Tu te bases sur quoi pour estimer avoir le droit de me dire ça, de me faire du mal, de me blesser, de me gâcher la soirée et la journée d'après? Tu sais quoi de cette histoire, tu sais quoi de moi, tu sais quoi de mon histoire ? RIEN. Parfait. Alors tu te tais.

Il y a beaucoup de choses qui m'énervent dans la vie mais il y en a trois en particulier : l'injustice, l'indélicatesse et la négligence envers les gens.

Le jugement, ça ne me dérange pas, je peux assumer. Mais, le jugement sans savoir, le jugement non étayé, le jugement "à l'emporte pièces", le jugement gratuit, le jugement sans preuve, je dis non.

Surtout sur des sujets personnels. Je n'en sais pas plus sur ton histoire alors je ne me permettrais pas de faire tel ou tel commentaire.

On me dit que je me pose trop de questions. Bien sûr que c'est vrai. Mais il y a des gens qui ont besoin de comprendre et des gens qui acceptent de se laisser vivre. Ce n'est ni bien ni mal, c'est juste que nous sommes tous différents.

Moi aussi, souvent, je me fatigue avec mes questions à se taper la tête contre les murs, moi aussi je me déteste souvent. La différence, c'est que moi, je ne peux pas me lacher les baskets de temps en temps, alors que j'en meurs d'envie souvent. Mais, toi, là, mr le donneur de leçons, si je t'exaspère, eh ben tu viens pas chez moi, manger ma galette et boire mon vin. Si ma compagnie t'horripile, eh bien tu l'évites ma compagnie. Ca, il est certain que je ne te courrai pas après.

Il est certain que tu ne risques pas, comme monaméricain dont l'évocation t'agace autant, que je te colle aux basques comme un vieux  chewing gum récalcitrant.

Alors, j'ai tranché. Parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée de sortir de chez moi sans crème hydratante, il ne doit plus me venir à l'idée de m'exposer comme je le fais. Falaise au vent, punching ball, allez y tapez dedans...

Non, c'est fini. Donc, je quitte le groupe d'amis que j'avais créé. Il se débrouilleront très bien sans moi. Ils auront des tas de choses sympas à se raconter sans avoir le clown de service ou la chieuse obsédée par son ex qui monopolise la conversation. Très bien. Ca leur fera des vacances.

Justement, on m'a dit "repose toi, prends des vacances". Comme à une grande malade des nerfs, vous savez, de celles qu'on envoyait au 19ème siècle, en cure de repos, soigner leur mélancolie dans la soie et les jupons, sous leur ombrelle. Moui. Sauf que mon travail, c'est pas tout à fait le genre "ok les mecs, je me barre 15 jours, faut que je décompresse, vous comprenez, j'ai ma neurasthénie qui me reprend. En plus je radote et j'ennuie mes amis...". Ben non.

Monaméricain, c'est réglé, on le sait. Là aussi, il a fallu trancher dans le vif, je l'ai fait. Le truc suinte et saigne et dégouline, c'est pas toujours beau à voir, alors, ok, je vais mettre une belle gaze dessus, pour que personne ne puisse plus s'émouvoir du spectacle. Ok, je progresse, je fais beaucoup d'efforts. Mais ça ne va pas aussi vite que l'impatience des gens.

Eh oh, minute, papillons. Je fais ce que je peux !

Bien sûr, on attend des clowns qu'il vous fassent rire en permanence.

Je vais vous dire en truc énorme qui va faire énormément avancer l'humanité : JE PREFERE RIRE QU'ETRE TRISTE ! C'est fort, hein, on dirait presque du Francis Lalanne, non?

Seulement, il n'est pas possible de rire toujours, de rire de tout, d'être positif en toutes circonstances. C'est le dernier truc à la mode, ça : pour être parfait soyons positifs ! Ben non. Je suis positive dans mon travail, je déplace mes petites montagnes à moi, je suis positive avec mes amis, je soutiens, j'encourage (se reconnaîtront ils ?), mais, non, pour le reste je ne le suis - temporairement - pas : j'ai 33 ans et j'ai mal au coeur. Et puis merde après tout !!

Alors peut être est il sage de se planquer. C'est ce que je comprends en tout cas. Donc je me planque dorénavant de mes "nouveaux amis", faut il aussi que je me planque de meslecteurs?

J'aurais été tentée de répondre : "à vous de me le dire". Mais non, après tout, je suis ici chez moi (comme j'étais hier chez moi) et je fais et dis ce que je veux. Libre aux gens de venir ou pas.

Mais sachez que, pour moi, l'amitié, la fidélité, ça se joue aussi dans la tempête et le souci.

Aimer quelqu'un, c'est aussi l'aimer quand il est moins beau, quand il a les traits tirés, quand il a le blues, quand il est triste, quand il a des soucis.

Qui m'aime me suive !

Par caro - Publié dans : bridgetalevallois
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